Un regard unique sur la Chine en mutation
1979 : la Chine entrouvre enfin de lourdes portes sur ses secrets. Un nouveau timonier du nom de Deng Xiaoping lance le pays sur les rails des réformes. Yann Layma, jeune passionné d’entomologie, se prend d’un rêve fou : animé du désir de comprendre la singularité chinoise, il apprend le chinois et aspire à ce premier contact original avec la Chine, celui d’un novice qui veut se fondre dans cette civilisation, s’en imprégner, se noyer dans l’immensité pour y porter un regard unique.
La photographie sera son révélateur d’âme, la Chine son aventure personnelle, un de ces voyages dont on ne revient jamais le même. Où la Chine se raconte autant dans la grisaille que dans la magie des couleurs. Il a recueilli des impressions colorées d’un pays hermétique, d’une grande homogénéité et dont la culture n’a subi aucune influence. Un état de surprise continuel. Mais la Chine n’est pas seulement ce pays de rizières magiques, c’est aussi la froide austérité des tours de béton de l’ère communiste. Depuis le début des années 1980, le photographe assiste d’ailleurs à une métamorphose.
Témoignage du paradoxe chinois, ses photos accompagnent les modifications qui s’y opèrent. Yann Layma rencontre un peuple immuable, conduit par un gouvernement autoritaire, protecteur de la langue et des traditions aux multiples sources (confucianisme, taoïsme, bouddhisme). En revanche, l’environnement, lui, évolue très vite. Les photos soulignent alors la lutte permanente entre l’individu et la masse, entre traditions séculaires et modernisme explosif. Le photographe est fasciné par ces changements radicaux qui révolutionnent mentalités et paysages, cette quête lancinante pour un milliard cinq cent millions d’avenirs plus radieux.